Jeroen verheugd fait montre, photographiant les paysages, de la même pudeur que pour ses portraits. Il les saisit avec une distance respectueuse, leur laissant le luxe d’une pose qui se voudrait naturelle. Cette distance perspective leur laisse le champ et l’heur de se déployer, voilés d’un certain abandon, le temps d’être. Le temps d’être exposés. Exposés au regard comme par inadvertance, êtres et paysages, tranquilles dans leur moment particulier, solitaires et silencieux, intemporels, baignent dans cette lumière que l’on pourrait qualifier de flamande. Celle des champs de Verdun, d’une aube humide dans la haute vallée de l’Aude, cette lumière qui baigne la nature, non pas morte, mais silencieusement vivante : stil leven. Vie silencieuse du temps révélée par l’émotion du photographe.

Les Images de Jeroen verheugd exposent le drame tranquille et quelconque de la vie dans sa terrible simplicité. Désastre badin révélé avec l’élégance discrète et bienveillante, le détachement tranquillement désespéré de ceux qui voient la vie. Ephémère est l’instant, déchirure dans
le tissu du temps duquel l’artiste semble voiler la nudité de son âme.

La photographie de Jeroen verheugd pose son regard sur la surface désolée de l’absence, la vie silencieuse du paysage.

Yann Le Crouhennec


 
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